Cahiers de doléances des paroisses du Bailliage de Neufchâtel-en-Bray

Par E. LE PARQUIER - Rouen - 1908

 

SAINT-REMY-EN-CAMPAGNE

(Aujourd'hui Saint-Rémy-Bosc-Rocourt)

Dép. Seine Inf. Arr. Dieppe. Cant. Eu. A 5 km S.-O. d'Eu, 29 km N.E. de Dieppe.

Gén. Rouen. El. Eu.

Pop. 1754 : 104 f. ; 1789 : 90 f.

Procès-verbal. - Assemblée 8 mars, à la chambre municipale, devant Amb. Quentin, syndic ; 18 comparants : Jean Mithois, Jean Julien, Jean Duflos, Jean Crescent, Ch.- Franç. Le Comte, P. de Hornois, F. Frêne, Nic,-Bon. Meleux, Ch. Andrieux, J. Adam, L. Lelong, N. Lefebvre, N. Lecompte, Clément, Bouffard, David, La Meille, Dutours ; 17 signatures sur le procès verbal, 16 sur le cahier.

CAHIER DE DOLEANCES

Art. 1. Nous mandons que la dîme de poulet, de cochon de lait, de veaux, d'agneaux et de laine soit abattue, attendu que tous ces élèves sont nourris avec les grains qui ont payé la dîme et qu'un chacun doit être libre de faire la consommation de ses grains comme il veut, après la dîmes payée, sans en payer une seconde dîme ; et qu'il soit établi un maître d'école dans la paroisse pour l'instruction des enfants, faisant un petit fixe par les curés.

Que la noblesse et l'état ecclésiastique nous aident à payer les tailles et autres impôts, routes etc. pour soulager nos pauvres. Au sujet des grandes routes nous payons autant à présent pour l'entretien que pour la construction, ce qui semble extraordinaire.

Nous sommes fort chargés de tailles suivant les mauvaises terres qui se trouvent dans notre paroisse. Nous mandons à S. M. qu'il donne des ordres pour l'imposition des tailles, c'est-à-dire de la faire à l'acre suivant sa qualité, c'est-à-dire de classer les acres de terre en trois ou quatre classes, si besoin en est, pour que chacun paie en argent suivant la valeur de ce qu'elles sont, parce qu'il se trouve de grands abus en ayant recours aux baux qui souvent sont frauduleux.

Il serait nécessaire de supprimer des communautés principalement le long des côtes et d'en faire des hôpitaux pour les enfants trouvés, principalement pour les garçons, parce qu'étant en âge on pourrait s'en servir pour canonniers auxiliaires, voyant qu'ils auraient été élevés sur le bord de la mer, et qu'ils soulageraient les garçons et père et mère qui sont obligés d'en fournir, ce qui fait que les domestiques deviennent rares sur nos côtes et que les laboureurs manquent de secours pour l'agriculture.

Ce serait un grand secours que la gabelle soit supprimée ainsi que les aides, ce qui occasionne beaucoup les dépenses de ceux qui voyagent et ceux qui n'ont pas moyen de faire des provisions. S. M. pourrait trouver des moyens pour se dédommager de cela et soulager son peuple ; on pourrait aussi supprimer les garde-étalons ce qui empêche beaucoup de faire des élèves.

A été arrêté par nous que les sieurs Lelong et Nic. Lefebvre, par nous députés, seraient libres de donner au Neufchatel leur procuration à qui bon leur semblerait pour faire valoir leurs présentes doléances ainsi que de raison. Signé : Julien, Frenne, Quentin, syndic, Jean Crescent, Conte, etc.

Pages 257 et 258 du livre cité.

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